Ce projet a été développé par des femmes, pour des femmes, afin de nous inspirer d'histoires d'autres femmes et d'autres filles qui ont riposté à des agressions, du harcèlement, de la discrimination, de la violence conjugale, des violences sexuelles, et toute autre forme de violence. Les stratégies de prévention des agressions détaillées ici sont basées sur le programme Action, atelier d’autodéfense pour femmes, du Centre de prévention des agressions de Montréal.

Les stratégies utilisées par ces femmes ne sont pas compliquées et sont accessibles à toutes.

Nous sommes toutes capables de riposter!

Les histoires présentées ici nous ont été racontées par les femmes qui les ont vécues et leurs prénoms ont été changés. La plupart d'entre elles n'avaient pas suivi de cours d'autodéfense au moment de l'agression. Elles ont riposté en se fiant à leur intuition.

Il existe plusieurs sortes d’agressions. Une agression peut être physique (se faire pousser, bousculer, frapper, gifler, retenir, etc.) ou sexuelle (des touchers, des baisers ou tout autre geste à caractère sexuel non-désiré/auquel on n’a pas consenti). Une agression peut aussi être psychologique ou verbale, comme quand quelqu’un nous insulte, nous crie après, nous rabaisse, nous dit des blagues offensantes ou blessantes, fait des commentaires racistes ou sexistes… Il y en a trop pour toutes les nommer. Les agressions psychologiques comprennent le chantage, l'isolement (parfois sous forme d'insultes envers nos ami.e.s ou notre famille), la négligence, les paroles méprisantes qui visent à nous convaincre que nous sommes faibles, stupides, bonnes à rien, etc.

Nous définissons une agression comme toute action NON-CONSENTIE qui nous rend mal à l’aise, inconfortable ou qui nous fait peur, que ce soit des commentaires, des touchers, des regards ou des mots intimidants, ainsi que, bien sûr, des coups et blessures physiques ou des actes sexuels non-consentis.

Si je ne veux pas qu’on me touche et que l'autre le fait quand même, c'est une agression!

Il se peut que vous lisiez une histoire et que vous pensiez : « J'aurais donc dû faire ça ! ». La plupart d'entre nous avons vécu au moins une forme d'agression : un regard louche, un toucher qui nous rend mal à l'aise, de l'exhibitionnisme, de la négligence ou maltraitance parentale/familiale, de la violence conjugale, jusqu’à des agressions physiques, de l’inceste ou un viol. Certaines d'entre nous avons survécu à plusieurs agressions dans notre vie. 

Si vous avez été agressée, ce n'est pas de votre faute. L'autre en est responsable : c'est lui qui a choisi de vous agresser et de vous faire du mal.

Parler de nos expériences d'agressions peut souvent nous aider. Dans la plupart des villes et des régions, il existe des centres de femmes, des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel, des maisons d’hébergement pour femmes qui vivent de la violence conjugale, ou d'autres ressources comme des lignes d'écoute. Voir notre page Ressources.

Peut-être que vous n’avez pas su quoi faire dans une situation d’agression. Vous avez fait de votre mieux, avec l'information que vous aviez à ce moment-là. 

Nous n'avons pas appris comment nous défendre à l'école! 

Chaque femme a sûrement ses propres histoires de réussite. Nous espérons que les histoires qui suivent vont vous inspirer à réagir d'une façon positive pour vous si jamais vous vous trouvez dans une nouvelle situation difficile ou dangereuse.

IL EST FORT PROBABLE QUE VOUS AYEZ DÉJÀ FAIT QUELQUE CHOSE POUR VOUS DÉFENDRE, SANS MÊME EN ÊTRE CONSCIENTE!

La plupart des conseils qu’on entend comme femme (et aussi comme enfant) pour prévenir les agressions viennent sous forme de règles à suivre : on nous dit ce qu’il ne faut pas faire, ce qu’il ne faut pas porter, quand ne pas sortir, à qui ne pas parler, où ne pas aller... On appelle ça le contrôle de la victime, parce que cette montagne de règles à suivre vise avant tout à contrôler le comportement des personnes à risque de se faire agresser plutôt que celui des agresseurs. 

On reprend le pouvoir quand on développe des outils et des stratégies pour se sentir plus en sécurité et pour ÊTRE en sécurité, sans dépendre de quelqu’un d’autre pour nous protéger. On a des choix et on peut prendre nos propres décisions : je peux marcher où je veux, parler avec qui je veux, m'habiller comme je veux, choisir quand je me sens en sécurité et quoi faire si ce n’est pas le cas. 

Il n'y a pas de règles ici!! Ni de bonne ou de mauvaise réponse.

Le programme ESPACE (Éducation et sensibilisation pour la prévention des agressions commises envers les enfants) nous dit que tout le monde a le droit d'être en sécurité, d'être fort et forte et d'être libre! 

Chaque pays a des lois différentes et chaque situation est différente. Au Canada, selon la loi, nous avons le droit de nous défendre en utilisant une force raisonnable au moment où l'on se sent menacée. Nous pouvons faire tout ce qui est nécessaire pour assurer notre sécurité : ce qui est nécessaire dépendra de la situation. Ce ne sont pas toutes les femmes qui se sentent à l'aise d'appeler la police, ni d’entamer un processus judiciaire, mais cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas se défendre.

Riposter, c’est faire quelque chose qui aide à se sentir et à être en sécurité. L'agresseur veut prendre le contrôle sur nous : riposter veut dire qu'on reprend le contrôle de la situation, pour assurer qu’on ne soit plus en danger. On peut mettre fin à une situation difficile ou dangereuse en respirant, en parlant, en partant, en criant, en frappant, en courant, en attendant un bon moment pour faire quelque chose ou partir, ou en utilisant une combinaison de ces stratégies.

Dans la plupart des situations d'agression, on peut assurer notre sécurité juste en regardant l'agresseur dans les yeux, en disant quelque chose, en faisant une scène ou en partant. Vous avez probablement déjà fait des choses comme ça à plusieurs reprises!

N.B. Quand on parle de l'agresseur, le masculin inclut le féminin. Même si l'agresseur peut être une femme, nous savons que la plupart des agressions faites aux femmes et aux enfants sont commises par des hommes.

Voici des éléments qui nous aident à riposter :

L'intuition
Ça vous arrive parfois d'avoir le sentiment qu'il y a quelque chose qui cloche ou qui ne tourne pas rond ? Une petite alarme personnelle qui sonne quand vous ne vous sentez pas bien ? Quand on écoute notre intuition, on commence déjà à riposter!

L'élément de surprise
L'agresseur s'attend à une « bonne » victime : douce, polie et faible. Quand on dit non, qu'on fait du bruit, qu'on part en courant ou qu'on frappe l'agresseur, il sera très surpris ! Normalement, il n'a pas pensé à un « plan B », alors l'élément de surprise peut nous faire gagner du temps pour nous mettre en sécurité.

Notre force contre sa faiblesse
Que l'agresseur soit plus fort que nous ou non, notre poing est beaucoup plus fort que son nez, notre talon est plus fort que le dessus de son pied, notre genou plus fort que son entre-jambe. Notre instinct de survie est plus fort que son désir de nous faire mal!

100%
Que ce soit en parlant, en frappant, ou en quittant la situation, quand on décide de riposter, ça nous aide de faire une chose à la fois, avec 100% de notre énergie. On ne veut pas faire comme les femmes dans les films d’horreur, qui crient, agitent les bras dans tous les sens, perdent leurs souliers et s'évanouissent, tout ça en même temps!

Compléter notre riposte
Riposter jusqu'au bout peut vouloir dire qu'on continue, qu'on essaie une chose puis une autre, qu'on se répète, qu'on cherche de l'aide de plusieurs ressources, qu'on déménage, qu'on porte plainte contre l'agresseur… qu’on fait tout ce qu'on a à faire pour se sentir en sécurité.

Le contact visuel
Le contact visuel est très puissant. Quand on regarde l’agresseur dans les yeux, on lui dit qu'on est son égal, qu'on n'a pas peur (même si ce n'est pas le cas !) et ça nous permet aussi de voir ce qu'il va faire.

La respiration
Quand on arrête de respirer, on ne peut plus réfléchir. Prendre une ou des grandes respirations peut nous aider à nous calmer, penser à ce qu'on veut faire et commencer à riposter. Respirer aide aussi à faire circuler l'adrénaline, qui peut nous rendre plus forte que d'habitude.

Attendre notre bon moment
Parfois, on ne se sent pas prête à réagir tout de suite. On peut respirer, laisser se dérouler la situation et attendre un bon moment pour riposter.

Il se peut qu'on se trouve dans une situation où l'on a besoin de donner un coup à l'agresseur pour assurer notre sécurité. Il ne s'agit pas de pulvériser l'agresseur ! On veut faire le nécessaire pour se mettre en sécurité !

Voici des éléments qui peuvent nous aider à riposter physiquement :

Les armes corporelles : Notre corps comporte plusieurs armes, qui sont presque toujours à notre portée. En voici quelques-unes : notre coude, notre genou, notre talon, notre poing, notre voix, notre tête. Les chaises roulantes et les cannes en bois peuvent aussi servir d'armes.

Les cibles : Se servir de notre force contre la faiblesse de l'agresseur veut dire de frapper une cible, c'est-à-dire un endroit de son corps qui va lui faire très mal et nous donner le temps de se mettre en sécurité. Des exemples de cibles sont : le nez, les genoux, les tibias, le dessus du pied, le plexus solaire (le creux sous la poitrine où les côtes se rejoignent), et les testicules. Dans la plupart des situations, on sera capable d'atteindre au moins une cible.

Compléter notre mouvement : Compléter notre riposte ne veut pas seulement dire d'aller jusqu'au bout de notre défense, ça veut aussi dire de passer à travers la cible quand on frappe, de continuer notre mouvement jusqu’au bout comme quand on frappe une balle de tennis ou de baseball. On vise donc un point derrière la cible. 

Il n'y a pas de règle pour la riposte : on fait tout ce qu'on pense qui est nécessaire pour se mettre en sécurité!

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